Les vins doux naturels : Chose promise, chose due !

On ne peut pas parler des vins du Roussillon sans aborder les Vins Doux Naturels (VDN) car le Roussillon réalise  95% de la production nationale.  Je parle bien de VDN pour en finir avec ce terrible « Vin cuit » !!! Comme son nom l’indique, le vin cuit implique une cuisson qui n’existe pas pour les Vins Doux Naturels.

 

N’importe quel Catalan biberonne son premier muscat de Rivesaltes au « porró » ; lors des fêtes,  il ne manque jamais d’apparaître à la fin du repas J . En tout cas, j’en garde personnellement un souvenir très vif, puisqu’à cette époque je maniais parfaitement le « porró ». Il est vrai que depuis, j’ai réalisé que ce n’est pas l’outil idéal pour la dégustation puisque l’on boit à la « régalade ». Pour les non-initiés, cela signifie que le vin atterrit directement dans la gorge sans passer par la bouche !!! (Sauf si l’on n’avale pas assez vite, mais là c’est le chemisier qui déguste)

 

Les appellations de VDN  du Roussillon

 

AOC Banyuls, AOC Banyuls Grand cru, AOC MauryAOC Muscat de Rivesaltes, AOC Rivesaltes et AOC Grand Roussillon, appellation sous régionale autorisée sur quelques communes qui n’ont pas le droit aux autres appellations.

 

Sa fabrication

 

A base de Muscat petits grains et d’Alexandrie pour l’AOC Muscat de Rivesaltes.

A base de Grenache blanc, gris, Macabeu ou Malvoisie pour les autres appellations en blanc.

A base de Grenache noir pour les appellations en rouge.

 

Les raisins seront vendangés à maturité, c’est-à-dire qu’ils  doivent  contenir  252 gr de sucre naturel par litre. Ils sont ensuite vinifiés de façon traditionnelle, mais mutés en cours de fermentation alcoolique. Le mutage consiste à ajouter  entre 5% minimum et 10% maximum d’alcool neutre à 96° dans le moût, afin d’interrompre cette fermentation alcoolique et garder ainsi du sucre dans le vin.

 

Les vins sont ensuite élevés en cuves, barriques ou bonbonnes,  pendant 2 à 10 ans, suivant l’appellation.

 

Sa dégustation

 

On déguste un VDN de la même manière que les autres vins. Toutefois, on remarquera tout de suite que les larmes et le disque sont plus épais car le vin est gras, il contient beaucoup de sucre et plus d’alcool aussi. Il peut titrer de 15.5° à 21°. Il faudra être attentif au bon équilibre acidité/moelleux, pour éviter la lourdeur !

 

Accords mets et vins

 

Les VDN peuvent tous être dégustés en apéritif. Mais il y a plusieurs accords devenus classiques, qui les mettent vraiment à leur avantage ! Le muscat, surtout s’il est très fruité, se mariera avec des desserts aux fruits blonds. De manière générale, les Banyuls, Maury, Rivesaltes peuvent se boire sur du foie gras, du Roquefort, du chocolat, des fruits rouges, des figues…Il est préférable de les déguster au préalable. En fonction de leur typicité et de leur millésime on choisira la meilleure association.

2 Commentaires
  • Annie Lartigue

    1 octobre 2015 à 13:52 Répondre

    Ravie de cette mise au point nécessaire sur les VDN, confusion faite souvent avec les vins cuits.
    Encore un bel article…

  • Sylvia

    4 octobre 2015 à 20:57 Répondre

    Au fait, comment fait-on un vin cuit?… Pour ma part, j’en ai beaucoup entendu parler sans savoir quel est le procédé. On le met dans une grande marmite et on allume le feu dessous? C’est plutôt un vin chaud ça, non?… Allez Sylvie, éclaire encore notre lanterne! ;o)

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